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LA REVUE EN LIGNE DU BARREAU de LIEGE - JURISPRUDENCE -
Tribunal de première instance de Liège (13ème Chambre) 4 novembre 1994
Emprisonnement subsidiaire - Non contraire aux articles 6 et 6 bis
de la Constitution (art. 10 et 11 nouveaux)
L'article 40 du Code pénal n'établit aucune mesure discriminatoire puisqu'il ne prévoit nullement un emprisonnement subsidiaire qui serait destiné à ne frapper que les insolvables alors que le recouvrement forcé de l'amende n'interviendrait qu'à l'égard des condamnés solvables. Les considérations relatives au coût de l'emprisonnement et à la façon dont il est ou n'est pas exécuté relèvent d'une appréciation d'opportunité de la seule compétence du pouvoir politique. En l'espèce, le Tribunal estime qu'il n'y a pas lieu à question préjudicielle. ( M.P. et Min. Fin./ R.B. et Me A.M. )
(…) Attendu enfin que l'opposant
soutient que l'article 40 du Code pénal, dans la mesure où il impose au
juge qui condamne à une peine d'amende, de prononcer en même temps une
condamnation à un emprisonnement subsidiaire, serait discriminatoire en ce
qu'il ne frapperait que la catégorie des insolvables; Qu'il serait dès lors de nature à
rompre le principe d'égalité des Belges devant la loi consacré par les
anciens articles 6 et 6 bis de la Constitution; Que l'opposant invite dès lors le
Tribunal à saisir la Cour d'Arbitrage d'une question préjudicielle à cet
égard; Attendu toutefois que ce
raisonnement ne peut être suivi; Qu'en effet, l'article 40 du Code pénal
n'établit aucune mesure discriminatoire dans la mesure où il ne prévoit
nullement un emprisonnement subsidiaire qui ne serait destiné à ne frapper
que les insolvables, alors que le recouvrement forcé de l'amende
n'interviendrait qu'à l'égard des condamnés solvables; Qu'il s'agit au contraire d'une
alternative relative à l'exécution de la peine en cas de non paiement de
l'amende, cette carence de paiement pouvant elle-même être la conséquence
d'une obstruction injustifiée du condamné à l'application de la sanction,
et pas nécessairement la conséquence d'une impécuniosité dont il
resterait à démontrer d'ailleurs qu'elle n'a pas, éventuellement, été
organisée; Attendu, qu'au contraire, la seule
exécution forcée sur les biens du condamné et la suppression de tout
emprisonnement subsidiaire, préconisées par certains auteurs, sans doute généreux
mais quelque peu naïfs, aboutiraient à favoriser ceux qui, pour diverses
raisons, s'abstiendraient de payer l'amende, et cela au détriment des
citoyens soucieux de respecter les décisions de justice; Que les considérations émises par
l'opposant quant au coût de l'emprisonnement subsidiaire et à la façon
dont il est ou n'est pas exécuté, relèvent d'une appréciation
d'opportunité qui est de la compétence du pouvoir politique et non du
pouvoir judiciaire; Qu'au demeurant le concept
d'insolvabilité reste lui-même imprécis, des degrés pouvant exister, et
les causes pouvant en être diverses, tout insolvable n'étant pas nécessairement
malheureux et de bonne foi; Qu'il n'y a pas lieu à question préjudicielle; (Dispositif conforme aux motifs)
Du 4 novembre 1994 – Corr. Liège
(13ème
Ch.) Siég. : Mr Fontaine M.P. : Mme Renson Salme Greffier : Mr Clerx Plaid. : Mes Herbiet et Hody
Publié par le Tribunal de 1ère instance de Liège ( 2001/022 )
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