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LA REVUE EN LIGNE DU BARREAU de LIEGE - JURISPRUDENCE -
23 octobre 2000
Usufruit
– Droits et obligations des co-usufruitiers – Délai de prescription
applicable aux fruits civils résultant de l’usufruit En cas d’usufruit conjoint sur un immeuble, les usufruitiers doivent partager les charges, les profits et les fruits nés de cet usufruit. Lorsque les fruits produits par l’immeuble, en l’espèce des loyers, n’ont pas été partagés, le délai de prescription applicable doit être envisagé en fonction de la relation existant entre patries et non de la nature du fruit produit par l’immeuble qui bénéficie aux usufruitiers. ( A. / B.)
(...) I.
LES FAITS: Par
acte notarié du 15 mars 1973, Monsieur B., Madame A. et ses quatre filles
mineures, ont acquis un immeuble à (…). Cet
acte prévoit que l'immeuble est acquis par les enfants de Mme A. pour la
nue-propriété et par parts égales, et pour l'usufruit par Monsieur B. et
Madame A. L'acte
précise que Monsieur B. et Madame A. conserveront l'usufruit pendant leur vie
et jusqu'au décès du survivant d'eux, à leur profit conjointement, et
ensuite au profit du survivant d'eux en faveur duquel ledit usufruit sera réversible
pour la totalité. Les
parties occuperont ensemble cet immeuble jusqu'au mois de septembre 1973. A
cette époque, les parties se séparent et Madame A. quitte l'immeuble
accompagnée de ses quatre filles. Monsieur
B. occupera dans un premier temps l'immeuble et le donnera ensuite en
location. Le
19 octobre 1999, Madame A., par la voie de son conseil, mettra Monsieur B. en
demeure de lui adresser les comptes de l'usufruit dont elle est créancière
à concurrence de 50%. La
procédure est introduite par citation du 14 décembre 1999. II.
MOYENS ET PRETENTIONS DES PARTIES: En
termes de citation, Madame A. postule la condamnation de Monsieur B. à une
somme provisionnelle de 1.500.000 francs à majorer des intérêts
compensatoires au taux légal depuis la date moyenne du 1er octobre
1996 et à reverser la moitié des loyers à échoir relatifs à l'immeuble
situé à (…). En
termes de conclusions et avant dire droit au fond, Madame A. demande que soit
ordonné la production par Monsieur B. d'un relevé précis et daté des différents
locataires de l'immeuble de (…) depuis le 1er octobre 1973 et
parallèlement d'un décompte précis et chiffré de tous les loyers perçus
et des charges payées relatifs à cet immeuble depuis la même date. A
titre principal, Monsieur B. conteste la demande en raison de son caractère
tout à fait tardif. A
titre subsidiaire, il précise que seule la moitié des loyers perçus les
cinq dernières années sont dus sous déduction des frais qu'il a exposés. III.
DISCUSSION: Attendu
que l'acte notarié du 15 mars 1973 attribue aux parties un usufruit conjoint. Qu'en
conséquence, il leur appartient de partager les charges, les profits et les
fruits nés de ce droit. Que
depuis la séparation des parties, Monsieur B. a joui seul de l'immeuble, a bénéficié
seul des fruits civils produits par ce dernier et en a supporté seul les
charges. Attendu
qu'une action ne peut être déclarée non fondée par son seul caractère
tardif ainsi que le soutient à titre principal Monsieur B. Que
les actions se prescrivent selon les règles établies par le code civil. Qu'à
titre subsidiaire, Monsieur B. invoque que Madame A. ne peut réclamer le
paiement des loyers que pour une période de 5 ans. Qu'il
ne peut être suivi. Qu'en
effet, pour déterminer le délai de prescription applicable, il convient
d'envisager la relation existant entre les parties et non la nature du fruit
produit par l'immeuble qui bénéficie aux usufruitiers. Qu'il appartient cependant aux parties de s'expliquer sur l'application ou non de la prescription prévue à l'article 2277 alinéa 3 in fine du code civil qui dispose "les intérêts des sommes prêtées, et généralement tout ce qui payable par année ou à des termes périodiques plus courts, se prescrivent par cinq ans". Dispositif conforme aux motifs. (...)
Du 23 octobre 2000 - Civ. Liège (3ème Ch.) Siég. : Monsieur Philippe Glaude Greffier : Madame Chantal Vandenput Plaid. : Mes. E. Bernard et Mme I. Baldo loco R.. Xharde
Publié par le Tribunal de 1ère instance de Liège ( 2002/26 )
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