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- JURISPRUDENCE -

Tribunal de première instance de Liège (1ère Chambre)

17 mai 2001

Vente - Vices cachés - Preuve

  Le seul fait qu’une panne de véhicule se soit produite peu de temps après la délivrance par le vendeur ne suffit pas à démontrer l’existence d’un vice affectant la chose vendue au moment même de la vente.

                                                       ( A. / B. )

(...)

Attendu qu'un examen attentif du rapport d'expertise permet de retenir les éléments suivants :

1. Sur base du carburant retrouvé au moment de l'expertise dans le réservoir du véhicule type quad litigieux, l'expert estime que "... le moteur a tourné beaucoup plus d'un quart d'heure, temps déclaré par le demandeur, avant qu'il ne casse. Une chose est certaine, c'est que ce moteur n'était pas (dans) l'état où nous l'avons trouvé lors de l'achat, il n'aurait pas pu tourner." (conclusions du rapport d'expertise, page 3);

2. Dans ses préliminaires, après avoir décrit les dommages relevés au moteur (tête de bielle grippée, corps de bielle bleui, piston serré - ler segment écrasé dans son logement, cylindre rayé), l'expert écrivait .

"Les dommages constatés peuvent provenir de deux sources .

- mélange incorrect (trop peu d'huile dans l'essence)

- 1e moteur a connu un sur-régime, le fonctionnement d'un moteur 2 T est totalement différent d'un 4 T et surtout au niveau remplissage à une certaine vitesse de rotation.

I1 est possible d'éliminer une cause, en faisant procéder à l'analyse de l'échantillon de mélange que j'ai prélevé .... "

3. L'expert fera effectivement procéder à l'analyse de l'échantillon qui se révélera négative, le mélange retrouvé dans le réservoir du moteur correspondant aux spécifications du constructeur (voir conclusions du rapport d'expertise page 3);

4. Au terme de son expertise, l'expert signalait que l'échauffement important, ayant provoqué le serrage du moteur, pouvait provenir de plusieurs causes (voir son rapport également page 3 : mélange trop pauvre, moteur mal réglé; gicleur bouché; sur-régime; boîte de vitesses; roues arrières modifiées);

5. Enfin, l'expert observait (page 4) qu'il s'agissait d'un engin ayant changé de mains à plusieurs reprises au cours de sa période de circulation, et ayant été modifié, vraisemblablement avant même que le défendeur en devienne propriétaire;

Attendu que l'expert D. conclut son analyse en avouant son impuissance puisqu'il écrit (page 4 in fine) : "La panne qui est survenue lors de l'utilisation de l'engin par le demandeur est due à une des circonstances énumérées au point 3 de la mission mais laquelle ?"

Attendu qu'en droit, il convient de constater que le demandeur, qui a la charge de la preuve, reste en défaut d'établir qu'au moment de la vente du véhicule litigieux, celui-ci était atteint d'un vice caché le rendant impropre à l'usage auquel il était destiné (ou diminuant tellement cet usage que le demandeur ne l'aurait pas acquis ou n'en aurait donné qu'un moindre prix s'il l'avait connu);

Attendu que le seul fait que la panne se soit produite peu de temps après la délivrance du bien vendu ne suffit pas à démontrer l'existence, au moment même de la vente, d'un vice affectant la chose vendue;

Que bien au contraire, l'expert a constamment retenu la possibilité d'un usage excessif ou déraisonnable du véhicule par l'acheteur après la vente, comme cause du dommage; que dans ces conditions, il convient de dire l'action recevable mais non fondée.

Dispositif conforme aux motifs.

(...)

Du 17 mai 2001 - Civ. Liège (1ère Ch.)

Siég. : Monsieur Xavier Ghuysen

Greffier : Madame Sabine Rahyr

Plaid. : Me Perin  

 

Publié par le Tribunal de 1ère instance de Liège ( 2001/058 )